“You tell me where to start, where we’re going, where we’re going afterwards […] I don’t carry a gun. I drive.”

Si Drive, par son titre, peut nous faire penser à un énième film d’action sans grande réflexion, vous vous trompez. Réalisé en 2011 par Nicolas Winding Refn, ce film met en avant la silencieuse performance de Ryan Gosling, incarnant un bien mystérieux personnage, cascadeur le jour, et prêtant ses talents de conducteur hors pair au service de la criminalité la nuit. On ne connaît rien du protagoniste, ni son passé, ni même son nom. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il conduit.

Le film démarre sur une scène prenante qui donne le ton du film : Une course poursuite en grande partie filmée de l’intérieur de la voiture, qui reflète l’élégance de la réalisation ainsi que l’intelligence de notre personnage qui échappe à la police pas uniquement par la vitesse et la force, mais surtout par la ruse et une bonne connaissance de la ville.

Tout l’intérêt du film se base sur l’ambiance des scènes souvent très calmes : de l’aspect contemplatif au silence des dialogues, on comprend que les images valent mieux que mille mots. Et quelles images ! Car si le silence est ce qui caractérise le protagoniste, on comprend malgré tout parfaitement ses émotions, ses sentiments et ses motivations lorsqu’il se retrouve embarqué dans une histoire d’amour avec sa voisine Irène (Carey Mulligan), et un casse inattendu avec Standard (Oscar Isaac), le mari de cette dernière.

“Is he a bad guy ?”

“Yeah”

“How can you tell ?”

“Because he is a shark”

“There’s no good sharks ?

Le film se base sur la fable du scorpion et de la grenouille selon laquelle il est impossible d’aller à l’encontre de sa propre nature. Il ne faudra en effet pas se laisser tromper par le calme apparent et l’allure sympathique du conducteur qui, nous le rappelons, est un truand la nuit. Après le calme, vient la tempête. Et lorsqu’elle arrive, elle balaie tout sur son chemin de par sa violence extrême accentuée par un réalisme cru mais aussi par l’intensité des scènes d’actions certes très courtes mais très efficaces et qui poussent la tension à son paroxysme. Tout cela en évitant une surabondance de cuts et en jouant sur les angles de caméra ainsi que les ombres, ce qui permet au spectateur d’être au cœur même de l’action.

On se rappellera la fameuse scène de l’ascenseur qui est absolument magique. La manière de gérer les ralentis, le placement de la caméra dans ce petit endroit qu’est l’ascenseur, trois plans inoubliables illustrant la menace totale de la scène. Ici Refn prend le contrepied des films d’actions standards : pas d’action immédiate, de longs ralentis, des gestes subtils, et je m’arrête ici pour ne pas spoiler.

Film d’action maîtrisé de A à Z, Drive a su marquer son époque de par son atmosphère ainsi que son esthétisme singulier, portés par une photographie, une bande son et une mise en scène tout simplement magistrale.

Written by : Clément NGUYEN et Noé MAGNY

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