Climax – « Les fleurs du mal » en 1996

Réalisé en 2018 par Gaspard Noé (IrréversibleEnter The Void)

Casting

  • Sofia Boutella (KingsmanStar Trek : Sans Limites)
  • Kiddy Smile

Synopsis

 

Basé sur une histoire vraie, « Climax » raconte l’histoire d’une troupe de danseurs qui se réunit dans une maison isolée dans la campagne pour faire ses répétitions. La veille de leur départ pour la tournée, ils décident de faire une fête. Mais comme dans les films d’horreur, c’est des évènements les plus quotidiens que sort toute la noirceur de l’âme humaine.

 

Analyse

 

Le scénario est simple, une fois de plus. Gaspar Noé, réalisateur volontiers considéré « sulfureux » par les professionnels, ne déroge pas une fois de plus à ses habitudes : « Irréversible », en 2002, nous racontait l’histoire d’une vengeance sanguinaire après un viol dans un métro lugubre ; « Enter The Void », en 2009, explorait l’au-delà psychédélique de la mort ; « Love », en 2015, prenait le pari de faire un film sur l’amour sans en censurer la partie sexuelle.

« Climax » est un film au timing des plus serrés. En 1h30, le réalisateur parvient à construire efficacement les personnages, créer une ambiance tour à tour de fête puis de maison hantée, et surtout, surtout, à nous impressionner avec sa caméra : si dans « Irréversible », les plans se fixaient nulle part et donnaient la nausée, dans « Climax » ils se sont (enfin ?) stabilisés et montrent, sous des angles rafraîchissants, des mouvements de danse qu’on avait pas vu depuis longtemps au cinéma.

Car la danse est au cœur de ce film. Souvent, Noé est un réalisateur qui s’intéresse au corps. A la relation de l’humain avec son corps. Il n’y a donc rien de mieux que de filmer des danseurs pour montrer la puissance des moindres muscles, le mouvement d’une chorégraphie parfaitement exécutée.

La danse, c’est aussi le prétexte à l’exploration musicale. Pas de quartier pour le spectateur, qui doit aussi être attentif aux titres qui passent entre les mains du DJ : Aphex Twin, Daft Punk, Cerrone pour la musique-phare du film, celle sur laquelle est exécutée la chorégraphie filmée en plan-séquence. Des musiques lourdes, intemporelles, qui complètent les lumières rouges, vertes ou jaunes, toujours un peu dans le glauque, et bien loin du gris de la modernité auquel nos yeux sont habitués à force de regarder des Marvel.

Peut-être, pour terminer, un petit mot sur les acteurs. Comme pour Love, Noé a décidé de travailler avec des non-professionnels, ce qui rapproche au plus près du réel la performance. Sofia Boutella, déjà connue pour ses rôles dans Atomic Blonde, Kingsman ou The Mummy, nous régale d’un jeu à la hauteur de ce film fou, qui assume son côté choquant, dégueulasse parfois.

 

En bref

 

Pour ceux qui sont à la recherche du grand frisson, n’allez pas voir la Nonne, énième répétition de jump scare et autres bonnes vieilles cordes du cinéma d’horreur. Plongez-vous plutôt dans cette folie d’une soirée qui tourne mal. Car, à coup sûr, Climax fait partie des meilleurs films, si ce n’est le meilleur, de cette année 2018.

 

A.V

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